malus voiture doccasion

Malus écologique et voitures d’occasion : serez-vous vraiment concerné en 2026 ?

En 2026, la fiscalité auto va à nouveau se durcir en France : malus CO₂ plus sévère, malus au poids élargi, débat autour du “malus rétroactif” sur les voitures d’occasion… De quoi inquiéter beaucoup d’acheteurs.

La bonne nouvelle : en réalité, très peu d’acheteurs de voitures d’occasion seront touchés en 2026, si l’on regarde les textes de près. On fait le point, à jour des dernières annonces de novembre 2025.

⚠️ Tout ce qui suit repose sur les informations disponibles fin novembre 2025. Pour un achat début 2026, il faudra toujours vérifier les règles définitives sur Service-Public ou economie.gouv.


1. Rappel : comment fonctionne le malus écologique ?

Le malus écologique regroupe en réalité deux taxes prélevées lors de la première immatriculation de certains véhicules en France :

  • le malus CO₂ (taxe sur les émissions de CO₂/km) ;
  • le malus au poids (taxe sur la masse en ordre de marche).

Points clés :

  • Il est dû lors de la première immatriculation en France : véhicule neuf, ou véhicule d’occasion importé et immatriculé pour la première fois sur le territoire.
  • Lors des reventes classiques d’occasion en France, quand le véhicule a déjà été immatriculé et malussé (ou exonéré) une première fois, il n’y a normalement pas de nouveau malus.
  • Le malus CO₂ dépend du niveau d’émissions WLTP (g/km).
  • Le malus au poids s’applique au-delà d’un certain poids (en kg), avec un tarif au kilo excédentaire.

C’est ce cadre qui va évoluer au 1ᵉʳ janvier 2026.


2. Ce qui change au 1ᵉʳ janvier 2026 : un malus plus sévère… sur le neuf

2.1. Malus CO₂ 2026 : seuil plus bas, montant plus élevé

À partir de 2026, le barème du malus CO₂ se durcit à nouveau :

  • le malus commence autour de 107–108 g/km de CO₂ (0 € jusqu’à 107 g, puis 50 € à 108 g/km, selon la grille actuellement publiée) ;
  • le montant maximal atteint 80 000 € dès 192 g/km de CO₂.

Concrètement :

  • une compacte essence “raisonnable” peut déjà être touchée si elle dépasse les ~110 g/km ;
  • un SUV essence ou diesel lourd peut facilement déclencher un malus de plusieurs milliers d’euros ;
  • les grosses berlines, SUV puissants et sportives sont au cœur de la cible (montants à 5 chiffres).

👉 En 2026, plus des deux tiers des voitures neuves vendues en France devraient être touchées par le malus CO₂, selon les projections de la presse auto.

2.2. Malus au poids : seuil abaissé à 1 500 kg

Depuis 2022, le malus au poids vient s’ajouter au malus CO₂. À partir du 1ᵉʳ janvier 2026 :

  • le seuil descend à 1 500 kg (au lieu de 1 600 kg auparavant) ;
  • le tarif est progressif :
    • 0 € jusqu’à 1 499 kg,
    • puis 10 €/kg entre 1 500 et 1 699 kg,
    • 15 €/kg entre 1 700 et 1 799 kg,
    • 20 €/kg entre 1 800 et 1 899 kg,
    • 25 €/kg entre 1 900 et 1 999 kg,
    • 30 €/kg au-delà de 2 000 kg.

Certaines voitures électriques très lourdes pourront aussi être concernées au deuxième semestre 2026, avec un abattement de 600 kg sur leur masse, d’après les grilles déjà publiées.

📌 Important : pour le moment, ces montants visent surtout les véhicules neufs immatriculés pour la première fois en France en 2026.


3. Malus et voitures d’occasion : ce qui existe déjà

Avant même de parler de “malus rétroactif”, il faut distinguer deux situations :

3.1. Vous achetez une voiture d’occasion déjà immatriculée en France

Dans ce cas :

  • Le véhicule a déjà eu une première immatriculation en France.
  • Le malus CO₂ (et éventuellement au poids) a été :
    • soit payé à l’époque,
    • soit non dû (parce que le véhicule était plus ancien, peu émetteur ou exonéré).

👉 Lors d’une revente classique d’occasion (particulier → particulier, pro → particulier, etc.), aucun nouveau malus écologique n’est appliqué aujourd’hui. Et cette règle reste vraie pour l’année 2026, hors cas très spécifiques évoqués plus loin.

3.2. Vous achetez une voiture d’occasion importée (Allemagne, Belgique, Italie…)

Ici, la situation est différente : une voiture d’occasion importée est considérée comme “première immatriculation en France”, donc le malus écologique peut s’appliquer.

Le calcul :

  • on prend le barème de malus de l’année de première mise en circulation du véhicule (par exemple 2019, 2020…) ;
  • on applique une décote en fonction de l’âge du véhicule (plus il est ancien, plus la réduction est importante) ;
  • on applique, le cas échéant, un malus au poids sur la base des règles en vigueur pour cette année-là.

Résultat :

  • une occasion récente importée, lourde et très émettrice peut encore générer plusieurs milliers d’euros de malus en 2026 ;
  • à l’inverse, une voiture de plus de 15 ans sera généralement exonérée (décote à 100 %).

4. Le “malus rétroactif” sur les voitures d’occasion : ce qui était prévu… puis repoussé

C’est le sujet qui a fait le plus de bruit en 2024–2025 sur les réseaux sociaux.

4.1. L’idée de départ : taxer certaines occasions qui n’avaient jamais payé de malus

La loi de finances 2025 a introduit le principe d’un “malus rétroactif” sur certains véhicules d’occasion déjà en circulation, mais jamais malussés alors qu’ils sont lourds ou très émetteurs.

En pratique, le dispositif visait surtout :

  • des véhicules immatriculés après 2015,
  • qui avaient été exonérés de malus lors de leur première immatriculation, par exemple :
    • véhicules acquis par une personne handicapée (CMI invalidité),
    • véhicules diplomatiques,
    • véhicules de familles nombreuses bénéficiant d’un avantage spécifique.

L’idée : faire payer un malus lors de la première revente à un acheteur “non exonéré”, avec un calcul basé sur le barème de l’année d’origine, puis une décote selon l’âge du véhicule.

4.2. Initialement prévu pour le 1ᵉʳ janvier 2026…

Plusieurs sites spécialisés expliquaient que ce malus rétroactif devait s’appliquer dès le 1ᵉʳ janvier 2026, créant une panique médiatique (“toutes les voitures d’occasion vont être taxées !”).

En réalité, ce malus n’a jamais concerné “toutes” les occasions, mais seulement une fraction très limitée du parc (cas particuliers exonérés à l’origine).

4.3. …mais finalement reporté à 2027

Coup de théâtre en novembre 2025 :

  • un amendement au Projet de Loi de finances 2026 prévoit de repousser l’application de ce malus rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2027 ;
  • plusieurs médias auto confirment ce report, parlant d’une mesure qui, de toute façon, ne devait toucher qu’un nombre très limité de véhicules.

Autrement dit, sauf revirement de dernière minute dans la loi de finances 2026 :

En 2026, le malus rétroactif sur les véhicules d’occasion ne devrait PAS entrer en vigueur.
Seule la mise en service prévue en 2027 reste à l’ordre du jour.


5. Concrètement : êtes-vous concerné en 2026 ?

Passons aux cas pratiques.

5.1. Vous achetez une voiture d’occasion classique en France (Clio, 308, Captur, 3008…)

  • Première immatriculation en France : déjà faite (avant 2026).
  • Le malus, s’il était dû, a déjà été payé à l’époque par le premier propriétaire.
  • Vous achetez en 2026 auprès d’un particulier ou d’un pro.

👉 En 2026, vous ne paierez pas de nouveau malus écologique pour ce type d’achat, les règles restent les mêmes qu’en 2025 (hors cas ultra spécifiques du futur malus rétroactif repoussé à 2027).

5.2. Vous achetez une occasion importée (BMW, Audi, Mercedes, SUV lourd, sportive…) en 2026

Attention, ici :

  • Le véhicule va être immatriculé pour la première fois en France → le malus écologique s’applique (CO₂ + poids), selon les règles des véhicules importés ;
  • Le montant dépend :
    • de l’année de première mise en circulation à l’étranger,
    • du niveau de CO₂,
    • du poids,
    • de l’âge (décote).

👉 Pour une berline ou un SUV puissant récents, la facture peut être très salée. Avant de signer :

  • faites obligatoirement une simulation de carte grise/malus ;
  • comparez le coût total (prix du véhicule + malus + carte grise) avec une occasion équivalente déjà immatriculée en France.

5.3. Vous vendez un véhicule qui a été exonéré (CMI invalidité, famille nombreuse, diplomatique…)

Si vous faites partie des catégories qui ont bénéficié d’une exonération de malus lors de l’achat d’un véhicule récent :

  • la logique du malus rétroactif est de faire payer un malus lors de la première revente à un acheteur non exonéré ;
  • mais cette mesure est désormais repoussée à 2027 (sous réserve de confirmation définitive).

👉 En 2026, vous devriez donc pouvoir vendre dans les mêmes conditions qu’en 2025, sans application immédiate du malus rétroactif, tout en restant attentif à l’évolution des textes.


6. Comment vérifier si une voiture d’occasion risque un malus (import ou futur rétroactif) ?

Avant d’acheter ou de vendre, prenez quelques réflexes simples :

  1. Regardez le champ Y3 de la carte grise
    • S’il est vide ou à 0, cela signifie qu’aucun malus n’a été payé lors de la première immatriculation.
  2. Date de première immatriculation (case B)
    • Le malus rétroactif cible les véhicules postérieurs à 2015 qui ont été exonérés.
  3. Émissions de CO₂ (case V.7) et poids (case G.1)
    • Plus ces chiffres sont élevés, plus le risque de malus (CO₂ ou poids) est important, notamment pour les imports.
  4. Historique Histovec ou équivalent
    • Permet de vérifier que le véhicule n’a pas un historique fiscal ou administratif douteux.
  5. Simulateur de carte grise
    • Pour un import, utilisez les simulateurs officiels ou de professionnels pour estimer précisément le malus et les taxes.

7. Bonnes pratiques pour acheter ou vendre en 2026

Pour limiter les mauvaises surprises :

  • Privilégiez les occasions déjà immatriculées en France, surtout si vous visez un modèle lourd ou un peu gourmand.
  • Si vous importez :
    • faites une simulation détaillée avant toute réservation ;
    • demandez copie de la carte grise étrangère et des données CO₂/poids.
  • Si vous êtes concerné par les exonérations (handicap, famille nombreuse, etc.) :
    • gardez un œil sur le calendrier 2027 pour anticiper la revente future.
  • Sur des modèles très gourmands (SUV, sportive, gros diesel essence récent), demandez-vous si un modèle plus léger ou hybride ne serait pas, au final, plus intéressant financièrement en tenant compte du malus.

8. FAQ rapide

Le malus écologique 2026 s’appliquera-t-il à toutes les voitures d’occasion ?
➡️ Non. Le malus CO₂ et le malus au poids restent liés à la première immatriculation (neuf ou import). Le “malus rétroactif” prévu sur certains véhicules d’occasion a été repoussé à 2027, et ne concernera de toute façon qu’un nombre très limité de véhicules (exonérés à l’origine). L’Automobile Magazine+2Automobile Propre+2

Si j’achète une Clio, 208 ou Captur d’occasion en France en 2026, je paie un malus ?
➡️ Dans la grande majorité des cas : non. Le malus a déjà été payé (ou non dû) lors de la première immatriculation du véhicule. Vous ne payez alors que la carte grise “classique”.

Le malus change-t-il quelque chose pour mon assurance auto ?
➡️ Indirectement, oui : les véhicules lourds et puissants qui subissent un gros malus sont souvent plus chers à assurer (valeur, coût de réparation, puissance). Certains assureurs le rappellent dans leurs guides. Solly Azar+1

Que dois-je surveiller en priorité pour un achat d’occasion en 2026 ?
➡️ Trois choses :

  1. Type de véhicule (SUV lourd, berline puissante = méfiance) ;
  2. Statut d’import ou non ;
  3. Présence ou non d’un malus déjà payé (champ Y3, historique).

À retenir

  • Le malus 2026 durcit surtout la note sur les voitures neuves et les imports récents.
  • Les voitures d’occasion déjà immatriculées en France restent, en 2026, largement épargnées par de nouveaux malus.
  • Le fameux “malus rétroactif” sur les occasions est repoussé à 2027, et ne concernera qu’une minorité très ciblée de véhicules.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *