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Malus au poids:comment l’État taxe les voitures familiales et les SUV ?

En quelques années, le malus au poids est devenu l’un des cauchemars des familles qui roulent en SUV ou en grande familiale.
Derrière cette taxe se cache une idée simple : plus une voiture est lourde, plus elle est taxée, car on considère qu’elle consomme plus et émet davantage de CO₂.

Problème : ce sont justement les SUV familiaux, monospaces et grands breaks – souvent indispensables pour transporter enfants, poussette, bagages – qui se retrouvent dans le viseur.


1. Malus au poids : de quoi parle-t-on exactement ?

Le malus au poids, officiellement appelé taxe sur la masse en ordre de marche (TMOM), est une composante du malus automobile payé lors de la première immatriculation d’un véhicule de tourisme en France (neuf ou importé).

Il s’applique :

  • aux voitures particulières (catégorie M1 : berlines, breaks, SUV, monospaces…),
  • à certains pick-up 5 places et plus, utilisés pour transporter des personnes,
  • à des véhicules qui changent de catégorie (par exemple un utilitaire transformé en véhicule de tourisme).

L’idée du gouvernement est d’inciter à choisir des véhicules plus légers en rendant plus coûteux les modèles les plus lourds.


2. Seuils : à partir de quel poids votre familiale ou votre SUV est taxé ?

2.1. Aujourd’hui : seuil à 1 600 kg

En 2024 et 2025, le malus au poids s’applique à partir de 1 600 kg de masse en ordre de marche (ligne G de la carte grise).

Concrètement, cela veut dire que :

  • un petit SUV compact de 1 400–1 500 kg n’est pas concerné,
  • un SUV familial, un monospace 7 places, ou un gros break diesel peuvent dépasser facilement les 1 600 kg… et donc entrer dans la zone taxée.

2.2. 2026 : le seuil tombe à 1 500 kg

La loi de finances pour 2025 prévoit un durcissement à partir de 2026 :
le malus masse s’appliquera dès 1 500 kg.

Conséquence directe :

  • des SUV compacts qui échappaient encore à la taxe vont désormais y entrer,
  • une partie des familiales classiques (breaks, grosses berlines) va être concernée,
  • pour les familles vivant en zone rurale ou celles avec plusieurs enfants, le choix va devenir très contraint si elles veulent éviter la taxe.

3. Comment l’État calcule le malus au poids ?

3.1. Le principe de tranches par kilo

Le malus au poids ne fonctionne pas avec un montant fixe, mais avec un barème par tranches de poids.

En 2025, l’État applique :

  • 10 €/kg entre 1 600 kg et 1 799 kg,
  • 15 €/kg entre 1 800 kg et 1 899 kg,
  • 20 €/kg entre 1 900 kg et 1 999 kg,
  • 25 €/kg entre 2 000 kg et 2 099 kg,
  • 30 €/kg au-delà de 2 100 kg.

Le montant final est la somme de chaque tranche.

3.2. Exemple concret : un SUV familial de 1 750 kg

Prenons un SUV familial 5 ou 7 places pesant 1 750 kg :

  1. Il dépasse le seuil de 1 600 kg de 150 kg.
  2. Ces 150 kg se situent entièrement dans la première tranche (1 600–1 799 kg) taxée à 10 €/kg.
  3. Montant du malus masse : 150 × 10 € = 1 500 €.

Pour une famille qui voulait “juste” un véhicule plus spacieux, la facture grimpe vite au moment de l’immatriculation.

3.3. Cumul avec le malus CO₂

Le malus au poids vient s’ajouter au malus CO₂ (taxe sur les émissions).

Toutefois, le total malus CO₂ + malus masse est actuellement plafonné au montant maximum du malus CO₂, soit 70 000 € depuis mars 2025.

Pour les SUV très lourds et très polluants, on atteint vite ce plafond : la voiture devient presque invendable pour un particulier.


4. Pourquoi les voitures familiales et les SUV sont particulièrement visés ?

4.1. Des véhicules naturellement lourds

Les voitures familiales et les SUV cumulent plusieurs facteurs qui font exploser le poids :

  • carrosserie plus haute et plus large,
  • renforts de structure pour la sécurité,
  • sièges supplémentaires (7 places),
  • équipements de confort et de technologie,
  • parfois une hybridation rechargeable avec batterie lourde.

Résultat : il est très courant qu’un SUV familial dépasse les 1 600 kg, voire 1 800 kg selon la motorisation.

4.2. L’argument écologique… et la réalité du terrain

Officiellement, le malus au poids est justifié par le fait que :

  • un véhicule lourd consomme plus,
  • il émet plus de CO₂ à l’usage,
  • il demande plus de ressources à la fabrication.

Mais dans les faits, ce sont souvent :

  • les familles nombreuses,
  • les ménages vivant loin des grandes villes,
  • les personnes ayant besoin d’un grand coffre (travail, loisirs, matériel),

qui se retrouvent le plus pénalisés, faute d’alternative crédible à un gros véhicule.


5. Familles nombreuses : un coup de pouce… mais pas toujours suffisant

Les familles avec au moins 3 enfants à charge peuvent, sous conditions, bénéficier d’une minoration du malus ou d’un remboursement partiel après coup

Pour le malus au poids :

  • on applique une réduction de 200 kg par enfant à partir du 3ᵉ,
  • l’avantage est limité à un seul véhicule d’au moins 5 places par foyer,
  • la demande se fait auprès du centre des impôts via un formulaire spécifique.

Exemple simplifié :

  • SUV familial 7 places de 1 750 kg,
  • famille avec 3 enfants : réduction de 200 kg sur le poids taxable,
  • la base de calcul passe de 1 750 kg à 1 550 kg,
  • dans certains cas, cela peut supprimer totalement le malus au poids ou le réduire fortement

Cela reste toutefois un système complexe, qui nécessite de payer d’abord, puis de demander le remboursement partiel.


6. Quelles voitures sont exonérées du malus au poids ?

Certains véhicules échappent totalement au malus masse :

  • Véhicules accessibles en fauteuil roulant,
  • véhicules acquis par une personne titulaire d’une carte mobilité inclusion – invalidité ou d’une carte d’invalidité militaire,
  • véhicules achetés pour un enfant à charge titulaire d’une telle carte,
  • véhicules 100 % électriques ou à hydrogène (mais attention aux évolutions possibles à partir de 2026 pour les plus lourds).

Ces cas restent minoritaires, mais ils montrent que le dispositif prévoit quelques exceptions sociales et médicales.


7. Comment limiter le malus au poids quand on a besoin d’une voiture familiale ?

Même si le dispositif est contraignant, il existe quelques leviers d’optimisation :

  1. Comparer précisément les poids
    • Deux SUV de même gabarit peuvent varier de 100 à 200 kg.
    • Un modèle juste sous le seuil de 1 600 kg (ou 1 500 kg à partir de 2026) peut faire économiser plusieurs centaines ou milliers d’euros.
  2. Regarder les versions et options
    • Boîte auto, 4×4, grosse batterie hybride, toit panoramique, grosses jantes… tout cela ajoute des kilos.
    • Parfois, une version 2 roues motrices ou sans certaines options permet de rester sous un palier de malus.
  3. Ne pas oublier le malus CO₂
    • Même si un véhicule passe de justesse sous les 1 600 kg, il peut être très taxé au malus CO₂ si ses émissions sont élevées.
  4. Utiliser les simulateurs officiels
    • Avant de signer un bon de commande, il est prudent d’utiliser le simulateur de malus masse et le calcul du coût de carte grise sur service-public.fr / France Titres.
  5. Anticiper les changements de barème
    • Les textes prévoient déjà un seuil à 1 500 kg à partir de 2026, et un cadre jusqu’en 2028. Acheter un véhicule en 2025 ou en 2027 n’aura pas le même impact fiscal.

8. un impôt qui vise les lourds… et touche les familles

Le malus au poids se voulait à l’origine une arme contre les véhicules très lourds et très polluants.
Dans la pratique, il :

  • taxe directement une grande partie des SUV et familiales,
  • pèse sur les familles nombreuses et les ménages ruraux,
  • complique les projets d’achat de véhicule spacieux, même lorsqu’il est utilisé pour des besoins très concrets (travail, enfants, trajets longs).

Pour ne pas subir la note :

  • il est essentiel de connaître le poids exact de la voiture (case G),
  • de simuler le malus au poids et le malus CO₂ avant l’achat,
  • et, si vous êtes éligible (famille nombreuse, invalidité…), de faire valoir vos droits à l’exonération ou au remboursement partiel.

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